DOSSIER · 3 / 3 · LES COMPARAISONS INTERNATIONALES

La France parmi
les autres pays

Publié le 12 octobre 2026 · Données réunies le 10 octobre 2026 · Repères 2025, détails fiscaux et fonctionnels 2024

Dessin au trait : Château de la Muette, siège de l’OCDE, Paris, 1er décembre 2013
Illustration d’après une photo d’archive
Source et crédit

Château de la Muette, siège de l’OCDE, Paris, 1er décembre 2013. Photo de contexte institutionnel pour les comparaisons économiques internationales ; illustration d’archive.

Photo : Velvet · CC BY-SA 3.0.

Interprétation au trait par IA, Facta. Adaptation sous CC BY-SA 3.0.

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L’essentiel en une minute

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Situer les comptes publics et leur dynamique.

Comparer les dettes demande de regarder aussi les ressources, les dépenses, la croissance et les intérêts. Des prélèvements élevés peuvent coexister avec un déficit si les dépenses dépassent encore les recettes. Le solde avant intérêts aide à distinguer cet écart du coût de la dette accumulée.

La France reste affichée face à trois pays choisis parmi treize références. Quatre vues montrent les comptes, les intérêts, la croissance et la démographie, puis les grands usages des dépenses. Le PIB total et par habitant complète les fiches.

Le noyau macro concerne 2025 dans une édition FMI commune. Fiscalité et fonctions sont datées 2024 ; la ventilation fonctionnelle couvre six pays européens. Les intérêts nets diffèrent des intérêts bruts de l’historique français.

Les différences de monnaie, d’institutions et de périmètre doivent être prises en compte pour interpréter ces comparaisons.

Comparer les pays ↓

PRENDRE DU RECUL · LES REPÈRES INTERNATIONAUX

Où se situe la France ?
Et dans quelle direction avance-t-elle ?

Un pays peut prélever beaucoup et rester en déficit si ses dépenses sont encore supérieures à ses recettes. Pour comprendre sa dette, il faut donc regarder le niveau des comptes, leur évolution et le rôle des dépenses. La taille de l’économie, les intérêts et la démographie complètent cette lecture.

Quatorze pays, des équilibres différents

Instantané 2025 · détails 2024

Comparaisons macro : FMI, édition d’avril 2026, observations et estimations 2025. Les graphiques de la page dette utilisent une édition Insee plus récente. Les écarts de version sont expliqués dans les fiches ; le point de juin 2026 reste distinct.

La France reste affichée. Cliquez sur le nom d’un pays dans les graphiques pour lire ses montants et ses particularités. Les barres partagent une échelle dans chaque panneau ; les unités diffèrent d’un panneau à l’autre.

e = valeur ou calcul contenant une estimation selon le FMI. Les chiffres non marqués restent révisables.

Comparer aussi la taille des économies et le PIB par habitant

Toutes les valeurs, les dates et les définitions

Le FMI signale la dernière année observée pour chaque série. Les chiffres 2025 peuvent encore être des estimations ; aucune prévision 2026–2031 n’est affichée. Les valeurs ci-dessous restent celles des éditions indiquées.

IndicateurFranceAllemagneItalieEspagneRoyaume-UniÉtats-UnisJaponChineBrésilIndeIndonésieAfrique du SudSuèdeDanemark
Dette publique brute% du PIB116 e202562,92025137,12025100,42025102,32025123,92025206,5 e202599,2 e202593,3 e202584,1 e202541202578,6 e202534,9 e202527,5 e2025
Recettes publiques% du PIB52,4 e202547,9202547,9202542,2202538,3202530,9202535,8 e202525 e202539,3 e202521 e202513,3202528,4 e202548 e202550,5 e2025
Dépenses publiques% du PIB57,5 e202550,5202551,1202544,7202543,6202537,7202536,9 e202532,9 e202547,4 e202528,5 e202516,2202534,2 e202549,4 e202547,6 e2025
Solde public% du PIB-5,1 e2025-2,72025-3,12025-2,52025-5,42025-6,82025-1,1 e2025-7,9 e2025-8,1 e2025-7,4 e2025-2,92025-5,8 e2025-1,4 e20252,9 e2025
Solde avant intérêts nets% du PIB-3,1 e2025-1,820250,52025-0,42025-2,82025-3,22025-0,9 e2025-6,9 e2025-0,4 e2025-2,1 e2025-0,82025-0,3 e2025-1,4 e20252,2 e2025
Charge nette d’intérêts% du PIB2 e20250,920253,620252,120252,620253,720250,2 e20251 e20257,7 e20255,4 e20252,220255,4 e20250 e2025-0,7 e2025
Recettes absorbées par les intérêts nets% des recettes3,8 e20251,820257,52025520256,8202511,820250,6 e20253,8 e202519,5 e202525,5 e202516,3202519,2 e20250 e2025-1,4 e2025
Coût apparent net de la dette%1,8 e20251,520252,720252,220252,720253,120250,1 e20251,1 e20259,5 e20256,9 e20255,820257,5 e20250 e2025-2,4 e2025
PIB totalMd$ courants3 368,920255 048,120252 550,120251 903,820254 003202530 767,120254 435,2202519 626,220252 279,920253 916,3 e20251 445,62025427,12025669 e2025461,72025
PIB par habitant en pouvoir d’achatdollars internationaux66 275,9 e202574 004 e202563 538 e202557 033,8 e202565 524,6 e202589 991,2 e202556 853,5 e202529 352 e202523 381 e202511 789,3 e202517 745,5 e202516 326,3 e202574 080,8 e202586 094,2 e2025
Populationmillions68,9 e202583,5202558,9202549,7202569,52025341,9 e2025123,320251 405,1 e2025213,420251 463,9 e2025284,4 e202563,1 e202510,7 e202562025
Croissance réelle du PIB% en 20250,920250,220250,520252,820251,320252,120251,22025520252,320257,6 e20255,120251,120251,5 e20252,92025
Croissance nominale du PIB% en 20252,120253,320252,520255,720255,12025520254,720253,920258,120258,9 e20257,620253,920252,8 e20254,52025
Croissance nominale de la dette% en 20254,7 e20254,420254,320254,520257,620256,420250,8 e202514 e202516 e20258 e20259,920257,6 e20255,9 e2025-5,8 e2025
Croissance nominale des recettes% en 20253,9 e20255,720254,520255,620256,920258,520255,1 e20250,6 e20258,1 e20256,9 e2025-220258 e20253,2 e20251,9 e2025
Croissance nominale des dépenses% en 20252,5 e20255,620253,920253,92025520254,920253,4 e20253,7 e202512,6 e20255,9 e20253,320257,7 e20253 e20255,2 e2025
Croissance démographique% en 20250,3 e202502025-0,120251,320250,320250,6 e2025-0,52025-0,2 e20250,420250,9 e20251 e20251,2 e20250,8 e20250,52025
Variation du ratio dette/PIBpoints en 20252,8 e20250,720252,42025-1,220252,420251,62025-8 e20258,8 e20256,3 e2025-0,7 e20250,920252,7 e20251 e2025-3 e2025
Population de 65 ans et plus% de la population22,5202523,7202525,1202521,6202519,7202518,4202530202514,9202511,520257,420257,520256,9202520,9202521,12025
Variation du ratio dette/PIB depuis 2019points · 2019–202517,8 e2019 → 20254,22019 → 20253,22019 → 20252,92019 → 202517,42019 → 202515,12019 → 20250,2 e2019 → 202539,4 e2019 → 20256,2 e2019 → 20257,4 e2019 → 202510,52019 → 202522,5 e2019 → 2025-0,9 e2019 → 2025-10,8 e2019 → 2025
Croissance réelle moyenne depuis 2019% par an · 2019–20250,82019 → 202502019 → 202512019 → 20251,62019 → 20250,92019 → 20252,42019 → 20250,42019 → 20254,92019 → 20252,22019 → 20255,4 e2019 → 20253,72019 → 20250,52019 → 20251,1 e2019 → 202522019 → 2025
Impôts et cotisations obligatoires% du PIB43,5202438202442,8202436,7202434,4202425,62024Indisponible19,5202433,72024Indisponible11,82024Indisponible41,4202445,22024
Dette publique brute
Encours de fin 2025. Les instruments, la valorisation et la consolidation peuvent varier selon le pays.
Recettes publiques
Toutes les recettes : impôts, cotisations, ventes, revenus de la propriété et autres recettes. Les emprunts sont exclus.
Dépenses publiques
Ensemble des administrations publiques, dont les intérêts. Le remboursement du capital est exclu.
Solde public
Recettes moins dépenses. Un nombre négatif est un déficit, un nombre positif un excédent.
Solde avant intérêts nets
Solde primaire FMI = solde public + intérêts versés moins intérêts reçus. Il éclaire le déséquilibre hors charge nette de la dette.
Charge nette d’intérêts
Intérêts versés moins intérêts reçus, calculés par différence entre solde primaire et solde public. Ce n’est pas la charge brute D41 du graphique français.
Recettes absorbées par les intérêts nets
Charge nette d’intérêts / recettes publiques × 100. Ne comprend pas le remboursement du capital.
Coût apparent net de la dette
Charge nette d’intérêts de 2025 / dette brute de fin 2024 × 100. Proxy agrégé, pas coupon moyen ni taux des nouveaux emprunts. Périmètres variables.
PIB total
Mesure de taille au taux de change courant ; sensible au change, pas une mesure du niveau de vie.
PIB par habitant en pouvoir d’achat
PIB annuel par habitant à parité de pouvoir d’achat : corrige les différences de prix entre pays. Pas le revenu disponible médian.
Population
Population totale retenue par le FMI. Estimation lorsque l’année dépasse la dernière observation signalée.
Croissance réelle du PIB
Variation 2024–2025 du PIB en volume : l’effet des prix est retiré.
Croissance nominale du PIB
Variation du PIB en monnaie nationale courante : production et prix combinés, sans effet du change en dollars.
Croissance nominale de la dette
Variation de l’encours en monnaie nationale courante ; peut différer du déficit, notamment du fait d’ajustements et reclassements.
Croissance nominale des recettes
Variation des montants de recettes en monnaie nationale courante, sans correction de l’inflation.
Croissance nominale des dépenses
Variation des montants de dépenses en monnaie nationale courante, sans correction de l’inflation.
Croissance démographique
Population 2025 / population 2024 − 1 : inclut le solde naturel et les migrations, pas seulement les naissances.
Variation du ratio dette/PIB
Ratio 2025 moins ratio 2024. Une hausse de l’encours peut coexister avec une baisse du ratio si le PIB nominal croît plus vite.
Population de 65 ans et plus
Estimation démographique ONU diffusée par la Banque mondiale. Indicateur de structure par âge, pas ratio exact de retraités sur cotisants.
Variation du ratio dette/PIB depuis 2019
Ratio 2025 moins ratio 2019, repère antérieur à la pandémie. Les révisions et changements de champ peuvent affecter ce recul.
Croissance réelle moyenne depuis 2019
Taux annuel composé du PIB en volume entre 2019 et 2025 : (PIB 2025 / PIB 2019)^(1/6) − 1. Ce n’est pas la moyenne arithmétique des taux annuels.
Impôts et cotisations obligatoires
Définition fiscale OCDE : versements obligatoires sans contrepartie proportionnelle aux administrations publiques, cotisations sociales obligatoires incluses. Pas toutes les recettes publiques.
Sources, périmètres et choix de comparaison

Un instantané commun, pas un palmarès. Le noyau macro vient du FMI WEO d’avril 2026, avec le détail des séries, des cellules et des conventions conservé dans la base de recherche. L’édition a été choisie pour comparer un même millésime. « e » désigne une valeur ou un calcul contenant une estimation selon la dernière année observée indiquée par le FMI. Les autres valeurs restent révisables ; les niveaux à parité de pouvoir d’achat sont des estimations statistiques.

Dette brute : les États ne publient pas tous les mêmes instruments et valorisations. La dette japonaise du FMI est non consolidée ; la Chine inclut une partie de la dette des véhicules locaux. Ces particularités sont expliquées dans leur fiche. Les engagements de retraite futurs ne sont pas tous des dettes financières dans ces comptes. L’Inde utilise l’exercice 2025/26 pour ses comptes économiques et budgétaires.

Intérêts nets : différence entre solde primaire et solde total, conformément à la convention du Fiscal Monitor, tableaux A2 et A10. Les recettes d’intérêts sont déduites. Le coût apparent net divise cette charge en monnaie nationale par l’encours de fin 2024. Il diffère du coût apparent brut du graphique français ; les monnaies, l’inflation et les champs de dette limitent la comparaison comme taux de crédit.

Prélèvements : OCDE, Global Revenue Statistics, collecte du 10 octobre 2026. 2024, distinct de toutes les recettes 2025 ; Japon, Inde et Afrique du Sud non renseignés ici. Le repère OCDE de 34,1 % est la moyenne publiée dans Revenue Statistics 2025, avec ses conventions de données préliminaires ; il ne s’agit pas d’une moyenne recalculée de nos quatorze pays. Le Sankey utilise les catégories des comptes nationaux, qui ne se substituent pas directement à ce taux fiscal.

Fonctions de dépense : Eurostat, COFOG 2024, administrations publiques S13, dépenses TE, % du PIB. La protection sociale inclut notamment vieillesse, survivants, chômage et famille ; la santé est une fonction distincte. « Autres » additionne services généraux (dont intérêts), ordre public, affaires économiques, environnement, logement et culture/loisirs. Ce sont des finalités, pas les catégories salaires/prestations du Sankey : on ne les additionne pas. Couverture de ce panneau limitée aux six pays européens renseignés dans cette collecte.

Dynamique : variations 2024–2025 ; seul le PIB réel est corrigé des prix. Dette, recettes et dépenses croissent ici en monnaie nationale courante. Deux repères fixes 2019–2025 évitent de lire une seule année comme une tendance ; 2019 précède la pandémie, sans gommer les ruptures de séries. La part des 65 ans et plus est une estimation 2025 de l’ONU diffusée par la Banque mondiale. Vieillissement, activité, migrations et productivité doivent être étudiés ensemble ; cette part ne prédit pas un coût budgétaire à elle seule.

Beaucoup de prélèvements et encore du déficit : où est le mécanisme ?

Le déficit est un écart. Dans l’édition FMI retenue, la France reçoit environ 52,4 % du PIB et dépense 57,5 % : il manque environ 5,1 points de PIB sur l’année. Un niveau élevé de recettes ne garantit donc pas l’équilibre. Le taux de prélèvements OCDE de 2024 mesure une partie des ressources, à une autre date ; ce n’est pas le premier terme de cette soustraction.

Les intérêts n’expliquent pas tout l’écart. Avant intérêts nets, le solde français reste déficitaire dans cette édition. La comparaison avec l’Italie aide à distinguer un solde primaire et une charge d’intérêts : un pays peut dégager un excédent avant intérêts et conserver un déficit après leur paiement.

Une dépense publique finance aussi un service ou une prestation. La vue par fonction montre les finalités. Elle ne mesure ni l’efficacité de chaque euro ni toute la dépense de la société : des assurances, pensions ou services financés hors des administrations peuvent déplacer le coût vers les ménages et les employeurs. Comparer seulement la dépense publique ne suffit donc pas à comparer les protections ou leur coût total. OCDE, méthodologie des fonctions.

PIB, recettes, intérêts : choisir le bon dénominateur

COMPRENDRE · CHOISIR LE BON RAPPORT

Un pourcentage ne dit rien
sans son dénominateur

Le produit intérieur brut, ou PIB, mesure la valeur créée par la production sur le territoire pendant une période. Il comprend l’activité privée et publique. Le PIB n’est pas la caisse de l’État. Définition Insee.

Le ratio utilise le PIB nominal, mesuré aux prix de l’année. Ce PIB peut augmenter parce que la production augmente, parce que les prix montent, ou les deux. La croissance dite « réelle », elle, mesure l’évolution de la production en neutralisant les variations de prix. Insee, prix courants et prix constants ; Banque de France, p. 2.

Dette / PIB annuelL’encours par rapport à la taille de l’activité économique.
Dette / recettes annuellesL’encours par rapport aux ressources de l’entité considérée.
Intérêts / recettes annuellesLa part des ressources absorbée par les intérêts.

Le ratio peut baisser sans remboursement

Exemple fictif · même unité monétaire

La dette reste fixée à 100. Seul le PIB varie dans ce calcul.

Montants fictifs · même échelle de 0 à 150
Dette à la date considérée
100
Production annuelle (PIB)
110

100 ÷ 110 × 100 = 90,9 % du PIB.

Point de comparaison : avec une dette de 100 et un PIB de 100, le ratio est de 100 %.

Un rapport arithmétique, pas un modèle économique ni une prévision. Dans les comptes réels, l’activité, les prix, les recettes et la dette peuvent évoluer ensemble. Insee, PIB ; Banque de France, p. 2.
Comprendre la soutenabilité de la dette

Ces repères permettent de poser
la question de la soutenabilité

Pour apprécier la capacité à honorer la dette dans la durée, il faut lire ensemble le montant dû, les intérêts, les échéances, les ressources et l’activité économique. Le coût moyen de l’encours et le taux d’un nouveau prêt sont deux mesures distinctes.

Le solde primaire — présenté ici hors intérêts nets dans la comparaison FMI — et l’écart entre taux d’intérêt moyen et croissance du PIB nominal contribuent à expliquer la trajectoire du ratio. Banque de France, p. 2. Une difficulté immédiate de trésorerie et un déséquilibre durable doivent aussi être distingués.

Cette partie explique les mécanismes ; elle ne conclut pas sur la soutenabilité actuelle de la dette française.